Toc toc, c'est l'plombier.



 
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 Toc toc, c'est l'plombier.

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MessageSujet: Toc toc, c'est l'plombier.   Sam 18 Fév - 18:40

You, what do you own the world?
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« Boss, on te demande à l'accueil.
- Sérieusement ? J'suis en train de chier... Peut pas attendre ?! »

Visiblement non, puisque ton sous-fifre du jour te dit qu'il va pas pouvoir grandement retenir celui qui est venu se perdre dans votre royaume puant. Alors ouais, tu dois bien vite te résoudre dans un soupir, depuis ton trône, à t'agiter le fion pour finir de repousser l'envahisseur qui rejoindra on ne sait quel canal voisin. S'être aménagé des chiottes dans les égouts, c'est presque une idée de génie quand même. Et tandis que tes affaires s'en vont loin de toi et que tu t'essuies le cul avant de remonter ton froc – parce que oui, à quoi bon porter des boxers – tu peux aller voguer vers un tout autre genre d'affaire. Car il ne peut s'agir que de cela si on ose te presser ainsi, toi et ton conduit digestif.

Et ça ne loupe pas, quand tu te ramènes dans la pièce centrale qui fait votre base secrète – que ça fait génie du mal ainsi, il est juste regrettable qu'on est oublié le malin en cours de route – tu trouves bien vite celui qui t'attendait. En fait, c'est plutôt lui qui te trouve puisqu'il s'avance avec empressement et une pointe d'appréhension même. Pendant ce temps-là, tu t'allumes une clope et le scrutes de haut en bas. Un supposé clochard qui vous sert pas mal, puisqu'il surveille vos planques en ville. Et s'il est là, c'est qu'il y a une mauvaise nouvelle à venir.

« M'sieur Splinter, les flics sont pas loin de faire une descente sur la planque dans les alentours d'Asakusa.
- Fuck. T'as pu savoir quand ?
- J'pense que d'ici demain, ils auront les autorisations pour... »

Tu viens te pincer les yeux, réfléchissant à toute vitesse, avant que la même main qui te servait à fumer fasse signe à un de tes types d'avancer. Un ordre succinct donné, pour qu'on paye l'informateur et te voilà déjà à penser à la suite. Tu aboies un autre ordre, celui d'aller vider la planque en évitant soigneusement la rue : ils doivent y avoir des flics planqués dans les environs. Difficile de gérer un trafic dans ce genre de conditions. Une minute plus tard, tu pars vers la surface, la clope toujours au bec et les mains dans les poches. Il est temps d'aller prendre une douche et de passer un coup de fil. Le second en premier et le premier en dernier. Compliqué ? Toujours.

Alors ouais, t'appelles une autre fouine de ton genre pour organiser un business. Parce que mine de rien, ça prend une place folle les pièces détachées et on ne parlera même pas de la peau synthétique. Fort heureusement pour ta poire, tes très chers amis – le genre d'ami quand ça vous arranges – ont justement une commande à passer, à propos de peau. D'habitude, t'y envoies qu'un larbin mais là, tu feras l'insigne honneur de te déplacer toi-même : va falloir négocier sec pour leur refiler un maximum de matos et tu comptes bien ne pas y perdre tes deux couilles dans la transaction. Une bourse suffira, ouais. Ainsi est conclu l'appel, sur ce deal.

« J'arriverais à une heure du mat'. »

Et tu raccroches. Règle numéro une : ne jamais se balader de jour avec une cargaison. Les flics de nuits sont plus facilement corruptibles ou bien alors, il ne font pas forcément vraiment attention à ceux qui pourraient se cacher dans le camion, derrière les cadavres que vous amenez à la décharge. Et t'as pas encore fini de traverser tes ruelles à toi, faites de textures parfois étranges que tu détruis déjà la puce qui a servi à ton appel. Et tu finis de bifurquer pour atteindre ce que tu cherches : ta maison à toi, atteignable avec une échelle improvisée. Y'a plus qu'à.

On va s'éviter la description de la douche parce que bon, on n'est pas là pour ça. Mais te voici déjà à revêtir ta plus belle veste de costume dont les manches sont  trop courtes pour ta morphologie et un simple pantalon noir, avec des rangers. Oui, aucun haut de plus que cette veste ouverte, laissant voir la plupart de ton poitrail, et pour cause : tu sais combien il peut faire chaud là où tu vas. On se plaint de la chaleur dans tes enfers à toi mais ceux-ci ne sont jamais allé se perdre dans la forteresse des autres, là. Bien assez tôt, tu rejoins un homme à toi, un qui a à peu près ta confiance et qui est déjà avec le camion, plein à rebord de déchets, sur les papiers. Et ce n'est pas si faux que ça dans les faits non plus. Mais tous ceux qui pensent ça de votre cargaison n'ont juste pas le sens des affaires.

La route pour aller à la déchetterie est calme et tu profites de celle-ci pour te fumer une nouvelle clope, ton autre main se perdant sur ton crâne, effleurant les contours de l'araignée dont tu connais l'emplacement par cœur. Chacune de ses pattes, son corps, sa tête, tout est ancré en ta mémoire autant que c'est encré dans ta peau. Aucun contrôle sur la route, voici une bonne nouvelle. Tu te dis qu'ils doivent être en train de préparer leur descente déjà foutue en l'air. À l'entrée, ton acolyte ouvre son carreau et tu offres ton plus beau sourire au propriétaire de la décharge.

« Salut jolie cœur. Livraison spéciale. »

Bien entendu qu'il sait pertinemment ce qu'il se passe dans sa décharge. Un fervent partisan de la cause des neo's qui a tout l'air de l'homme honnête de prime abord. Tout est toujours une question d'apparence. Il vous laisse aller vous garer dans la partie dite allouée à votre livraison et il n'y a plus qu'à. Le déchargement est rapide, fait dans l'ombre de la nuit. Du moins, la partie intéressante. Le reste traînera, bien entendu, vu que vous allez prendre un café avec le propriétaire, pour parler du prix de tout ce que vous amenez. Paperasse à remplir, tout cela. Bien entendu, le vous se transforme en ''lui'' et toi, tu te dérobes déjà par la portière que tu connais déjà avec ta tablette en poche.

Le tunnel est plutôt étroit mais pour ta morphologie, ça passe aisément. À quatre pattes d'abord puis enfin, tu peux te redresser. La chaleur commence à monter et tu ne regrettes pas ton choix d'être à moitié à poil. Quand enfin, tu débouches dans la salle centrale, elle a atteint son summum. Tu te demandes comment ils font pour vivre ici de jour sans comprendre que la température ne change jamais ici. Elle ne pourrait pas avec toute l'activité qui s'y cache. Tu observes les parois intérieures, faites d'un tas de trucs... Portières soudées entre elles avec des plaques de métal, tout ce qui peut être résistant et se tordre assez pour offrir un truc à peu près rond.

D'épais piliers soutiennent le tout, fait avec les mêmes matériaux de récupération pour la plupart, même si t'as déjà entendu parler qu'ils ont utilisé aussi des véritables poutres en toute première base et qu'ils ont soudés par-dessus pour renforcer le tout. Sur la gauche, tu remarques qu'une nouvelle salle est en cours de construction et en réfléchissant, tu te dis bien qu'un tas était en train de prendre de l'ampleur à l'extérieur et que c'était le bon moment pour eux de faire ça, oui. Tu mets les mains dans ton pantalon, tâtonnes ce qui te servira pour faire l'inventaire exact de la cargaison.

Même s'il est une heure du matin et quelques, les lieux sont remplis de vie. Ou de non vie, ça dépend le point de vue. Tu te doutes bien que la moitié soit des droïdes infectés. Et en toute franchise, tant qu'aucun essaye de te buter, tu t'en contre branles complètement qu'ils soient libres ici. Pas tes affaires, comme qui dirait. Et certains te pensent encore comme un des inventeurs du virus alors, tu peux apparaître comme une sorte d’icône pour eux. Ce qui ne t'arrange pas du tout, faut l'avouer. Parce qu'on te remarque un peu trop, dans ce genre de moment et que t'aimes pas qu'on puisse reconnaître ta face. Seul point sur lequel tu peux maudire les neo's : ils ont un peu trop de programmation mémorielle, même avec des foutus sentiments. En attendant, on approche de toi.

« Splinter ?
- Uep.
- Suivez-moi. »

C'est simple et t'emmerdes personne, tu suis le damoiseau qui vient de te le demander, lui matant le cul au passage, pour aller dans une salle moins haute mais qui s'étale en longueur et dont tu comprends le but : sûrement là où ils réparent, vu tout le matos déjà présent comme machines. Tu remarques ta livraison en arrière-fond et c'est là où te dit d'attendre, que le négociant arrive. Alors tu te poses contre une caisse en fer, tritures toujours ton pad, avant de le sortir et lancer finalement le programme crypté en rapport avec ce pourquoi tu es venu ici. Puis, les bruits de pas te font relever la tête et tu peux offrir ton plus beau demi sourire de commercial.

« B'soir mam'selle. Belle soirée, hein. »

Belle donzelle tout court, que tu te dis. Tu peux te redresser, l'engin toujours en main. Le technologique hein, t'es là pour affaires, qu'on ne confonde pas. La libre attend de voir si elle est du genre sévère à serrer les pinces ou non.
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MessageSujet: Re: Toc toc, c'est l'plombier.   Jeu 23 Fév - 0:47

Malgré l’heure, la salle d’analyse ne se vidait pas. La plupart des humains partaient se coucher pour passer le relai à leurs compagnons Neo. Nombreux étaient ceux à avoir perdu le sens des journées, et ne se fiaient qu’aux horloges digitales qui affichaient actuellement deux zéro en première position.

Devant un ordinateur aux multiples hologrammes, une femme en blouse blanche observait les visages affichés et les diverses informations de trafic défiler.  
Pas de tasse de café, pas de cigarettes à côté, pourtant cela aurait semblé logique. Non, rien de tout cela. Le bureau était même d’un aspect plutôt rangé, hormis quelques éléments qui ne semblaient pas à leur place. Il y avait quelques feuilles, de brouillon pour la plupart. Du papier pouvait semblait incongru encore à cette époque, et pourtant il était extrêmement utile pour un paquet de choses. Ici, malgré la technologie batte son plein, mais il n’y avait clairement pas assez de tablettes, casques, lunettes et autres gadgets pour tous. Pour prendre des notes dans un environnement bruyant qu’était celui-ci, il n’y avait pas mieux que les bonnes vieilles méthodes.
Au travers des écrans elle voyait le ballet des allées et venues de l’étage du dessous. De là où elle se situait, elle avait un bel aperçu de ce qui circulait dans l’endroit, sans en savoir le détail. Hélas, comme la chaleur montait, l’air était toujours trop chaud et trop poussiéreux. En ça, les humains et les Neo avaient au moins trouvé un point d’accord plutôt fort. Le ronronnement régulier et silencieux des ventilateurs se faisait à peine moins entendre à cette heure là.
L’endroit était un enfer à vivre tous les jours. Heureusement qu’elle n’était que de passage, et elle espérait raccourcir son séjour au plus qu’elle le pouvait. La nuit s’annonçait encore longue : passé cette petite vérification qui nécessitait son accord (la personne en charge étant occupée ailleurs), elle avait des réparations semi urgentes à faire.

« _ Système, ya-t-il des personnes qui manquent à l’appel aujourd’hui ?  
_ Requête en cours … (. .. …)… terminée. »

La jeune femme attrapa un pan du col de sa blouse qu’elle utilisa pour s’éventer le temps du chargement des résultats. Dessous, elle habillée d’une jupe noire taille haute qui lui tombait au dessus du genou, de collants opaques et d’un chemisier blanc en coton sans manches. La veste assortie était restée sagement dans sa chambre, inappropriée pour la température. C'était sobre. Seule fantaisie de son habillage, des boucles d'oreilles longues, sinon la forme alambiquée de son chignon qui tenait grâce à de longues épingles à cheveux.

Certains écrans furent alors utilisés pour le résultat de la requête. Le résumé commença à afficher des personnes qui peut-être ne réapparaitraient plus jamais. Tous étaient partis dans la journée et auraient dû pointer comme étant revenues. Les retards n’étaient pas rares, mais elle trouvait qu’ils étaient bizarrement nombreux, comme le corroborait ce chiffre en haut à droite de son écran. Elle croisa les bras, bien calée contre le dossier de son siège, décidée à ne pas se laisser décontenancer. Il lui fallait à présent songer à diverses éventualités. Le système avait beau être performant, mais toujours moins que son propre esprit qui menait son petit bonhomme de chemin. Elle songea immédiatement aux excursions policières qui se multipliaient ces derniers temps. Il n’était pas du tout impossible que le groupe qui était censé revenir soit bloqué quelque part, dans l’incapacité d’émettre un appel de détresse. Après quelques secondes de réflexion supplémentaires, elle pianota un peu. Un éclaireur chevronné irait s’assurer de l’état des personnes disparues.
Elle entendit alors son nom, venant d’un petit androïde à l’apparence jeune. Il simulait l’essoufflement pour se refroidir d’avoir visiblement couru. Seulement couru ? Se dit-elle. Shineaï, tel était son nom, était de nombreuses fois passé entre ses mains pour des réparations de grande envergure. Son ancien propriétaire l’avait à ce point négligé qu’il avait fini par totaliser un nombre impressionnant de bugs. Réparé n’importe comment et avec n’importe quoi, elle avait cru halluciner de le voir toujours « vivant » après tous les ennuis qu’il lui était arrivé.

« _ Celeste ! Tu … tu aurais un peu te temps pour t’occuper d’un camion des récupérateurs ? … Ils ont pas mal de choses à nous vendre et … la personne qui devait s’en charger est en … réunion …
_ Quand seront-ils là ? » Demanda-t-elle en pivotant sur sa chaise, intriguée. Le jeune droïde eut un sourire embêté, voir même très gêné.
« _ En fait … le négociateur attend déjà dans l’Entrepôt … j’avais oublié de te prévenir …»

Oublié ? Elle en aurait ri à quel point cette excuse venant d’un ordinateur sur pattes semblait ridicule. Veiller à la qualité des pièces faisait également partie de ses trop nombreuses attributions. Mais il était inhabituel qu’elle soit attribuée et en plus à brûle-pourpoint. Elle resta quelques secondes sans rien dire, à observer cet être qui se tortillait sous son regard inquisiteur et pas du tout convaincu.
Non, vraiment, cette excuse était complètement aberrante. Elle avait beau la tourner dans tous les sens, cela n’en avait aucun. Et elle eut bien vite fait de savoir ce que le petit droïde avait fabriqué pour la tenir aussi peu informée. En plus de l’avoir mal entretenu, le dit propriétaire avait instillé dans les rouages une personnalité assez prompte au laisser-aller … de tous genres.  Comme souvent, la personnalité donnée arbitrairement déteignait sur le comportement une fois infecté. Ce qui rendait les choses dramatiques lorsque la machine avait passé de main en main en subissant de nombreux resets. Mais bon, là n’était pas le sujet.
Elle soupira un peu en sortant de ses pensées, puis sérieuse, lui répondit.

« Je vais m’en occuper. Préviens les réparateurs de mon absence, et surtout, fais-le. »

Sous les remerciements du droïde suspect, elle se leva et quitta son poste pour diriger ses pas vers là où on l’attendait. Pendant son trajet, elle marchait rapidement pour éviter de se faire interrompre au passage, comme il était souvent coutume. Des humains ou des Neos mal dans leur peau, il y en avait beaucoup ici. Et si tous cherchaient une oreille qui puisse les écouter et qu’elle le comprenait, il y avait par contre quelque chose qu’on lui demandait systématiquement à elle qui avait le don de l’agacer :
« Où en est la construction du système de climatisation ?! »
Ce n’était pas parce qu’elle était réparatrice et psychologue en  même temps qu’elle pouvait hâter cette fichue construction en recevant cinquante milliards de fois par jour cette question ! Pourtant, ce n’était pas faute de répéter les mêmes mots compréhensifs, de communiquer la moindre information, rien n’y faisait. Même pire. Les Dolls étaient à peine moins lourdes à ce sujet, et encore ce n’était pas toujours le cas. La surchauffe qui les guettait les empêchait de travailler. Et eux l’empêchaient de faire avancer les choses. Bref, une histoire de fous.

Telle une traceuse en ski de fond, elle filait en ignorant les individus qui avaient oublié de lire la note de service qui indiquait qu’il y avait des heures pour la déranger. Et que ces heures ne s’étendaient pas dans les couloirs. Ce n’était pas le moment de l’arrêter alors qu’on venait de l’avertir bien trop tard qu’elle avait un rendez-vous avec un récupérateur.
Fournisseurs les plus fidèles et les plus coûteux à la fois, leurs rendez-vous étaient généralement fixés à l’avance et très bien encadrés. Enfin, à l’avance, on se comprenait : un jour était amplement suffisant. Mais là, il s’agissait plutôt de quelques heures. Si elle pouvait admettre que le jeune droïde avait pris son temps pour l’avertir, il n’avait sûrement été mis au courant qu’il y a peu. Si on ajoutait à ça qu’on l’avait assignée en remplacement … oui. Définitivement, ils n’avaient prévenu que quelques heures à l’avance. Un peu court tout ça.
Quoi qu’il en soit, pour qu’ils viennent s’incruster d’eux mêmes, c’était une histoire d’urgence. L’urgence pouvait tirer les prix à la baisse. Nickel, puisqu’ils n’avaient pas un budget illimité. Et elle avait l’avantage en étant une machine d’avoir tous les prix en tête. C’était là où cela devenait intéressant pour elle. La négociation était une grande et complexe histoire dont elle adorait l’exercice. Elle avait bon espoir que la conversation soit riche en échange. Allez. Il fallait qu'elle se concentre sur ce qu'il allait arriver, et "oublier" le reste.

Au loin, elle voyait l’homme attendre, qui releva la tête en entendant le bruit de ses talons. Plutôt sévère de loin alors qu’elle était dans ses pensées, son visage s’était déridé et se faisait plus avenant à l’idée de la discussion. Celeste était froide et distante, mais elle n’était pas dure. Nombreux étaient ceux qui l’imaginaient peu amicale, il était vrai qu’elle était plus réservée de base. Elle l’avait beaucoup été, une dizaine d’années auparavant. Puis avait découvert avec quelle facilité ils s’ouvraient lorsqu’on leur souriait. Elle leur devenait plus accessible. Et tous les jours, elle décryptait, analysait, et classait les tics et les tocs des humains pour s’en approcher toujours un peu plus. C’était une sorte d’intérêt un peu étrange.
Elle reconnût la boîte crânienne comme étant celle de Splinter, « le roi des égouts ». Venir en personne ne lui ressemblait pas. Mais c’était l’occasion de faire plus ample connaissance. Puisqu’il lui offrait un sourire, elle le lui rendit.

« Bienvenue dans nos 38 degrés permanents ! Excusez-moi pour le retard, on ne m’a assignée qu’à l’instant.» annonça-elle en tendant la main pour serrer la sienne. « Splinter, c’est bien cela ? Vous pouvez m’appeler Shinobu. Faisons-vite et bien, qu’avez-vous à nous proposer ? »

L’androïde aux multiples noms se tourna vers la cargaison couverte par une bâche qu’elle saisit pour l’écarter. Loin de connaitre la nature de l’ensemble des produits, son regard s’illumina en croyant apercevoir de la peau synthétique, qui semblait en plus en très bon état. C’était une denrée vitale à l’intégration des Neos à la société, surtout que pour conserver un aspect naturel, elle restait fragile. Il suffisait d’une entaille trop profonde pour mettre à nu l’identité d’un droïde. Très pointilleuse sur la résistance de ce genre de matériau, elle avait l’œil pour ce genre de choses. En tous cas, ce qu’elle voyait annonçait de très bons augures.
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MessageSujet: Re: Toc toc, c'est l'plombier.   Ven 10 Mar - 7:32

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Sourire rendu, madame veut te serrer la pince. Zut, bon, tu le fais alors. Pour elle, t'aurais pu être du genre à faire la bise. Trêve de plaisanterie, elle t'annonce la couleur ou plutôt la température directement. C'est pour ça que t'a la sensation de fondre ici à chaque fois. Saloperie d'endroits, tu préfères largement tes égouts, y a pas à chier sur ce point-là. Ça pue peut-être UN PEU mais au moins, il y fait moins chaud. Au moins dix degrés ! Le minimum, ouais. Bref, bienvenue, ouais ouais, t'acquiesces quand elle te demande confirmation de ton patrimoine. Tu notes néanmoins avant qu'elle a été choisie à la volée. Un avantage, que tu te dis. Ouais. Sans doute.

« Shinobu, d'accord. Singulier pour une mam'selle. » Pour n'importe qui en fait, au Japon. M'enfin. T'en reviens à ton pad une fois que tu lui as serré la main et que t'as pu la récupérer en un seul morceau. Pas de doigts brisés pour ce soir, ouf. « De la belle came. » Qu'elle découvre en chassant ce qui pouvait bien la recouvrir. Tu poses un bout de hanche sur un bord de quelque chose, croisant un mollet plus bas. Tu renifles malgré la chaleur et t'es prêt à faire l'inventaire. « M'alors, 'pourrez voir tout de suite de la synthé-peau. Une bonne quantité, on est pas loin des vingts kilos. » Dix-neuf kilos et six cent quarante deux grammes, pour être précis. Mais ça, tu le dis pas si elle te le demande pas. Pas fou. « Ensuite, des pièces détachées. Module sonar, microcontôleur de servomoteur, contrôleur de moteur régénératif, moteur pas-à-pas bipolaire, batterie, carte-mère, capteur optique, du câblage aussi, du dissipateur thermique en cuivre pur. » Ça aussi, ils ont tendance à aimer, vu la chaleur des lieux. Tu continues, un doigt faisant glisser la page sur le pad parfois. « Support pour les capteurs... Capteur de distance d'ailleurs, IMU, adaptateur, ventilo', prise 10 pins... »

Ce bordel. Heureusement que tu sais à quoi sert chacun. Tu continues encore un peu avant d'arriver à la toute fin. Il y aurait de quoi faire deux droïdes très facilement là, avec tout ce que vous avez ramené. Autant de victimes dépecées de ce qu'ils ont pu être à une époque. Tu peux éteindre le pad pour le moment, la laissant continuer à examiner ce qui l'intéresse, vérifier l'état. Pour le coup, vous avez pris du fiable, parce que les N'N'World sont quand même des sacrés bon clients et tu voudrais pas qu'ils pensent être les pigeons du coin. Oui, faut pouvoir faire des sacrifices parfois et puis, vous enculez assez de personnes à côté pour vous permettre de leur refourguer la bonne came, après tout. Puis merde, faut bien refiler au bout d'un moment, sinon la preuve, ça s'entasse. Puis, ça pourrait s’abîmer à trop traîner. Alors ouais, autant amené du beau. Le reste, c'est pour les clodos dehors.

« Belle qualité, n'est-ce pas ? » Comme si t'allais dire le contraire dans le cas contraire. « De quoi bien retaper, en tout cas. » Ironique de vivre dans une décharge et de devoir acheter les pièces qui auraient dû s'y retrouver à l'origine. Mais ça, pas ton problème, comme qui dirait. « On est prêts à négocier. » Autant faire genre que tu es avenant et proposes, après qu'elle t'est indiquée ce qui l'intéressait et fait le calcul de base. « Cinq millions trois cent quatre-vingts mille*. Je vous épargne les neuf cent yens en plus. »

Que les négociations commencent. Tu viens poser la tablette, pour saisir ton poignet droit avec ta senestre. T'es du genre bizarrement calme, très sérieux dans ton attitude, malgré la goutte de sueur qui vient perler sur la tempe droite, dû à la chaleur. Mais tu ne viens pas l'essuyer, pas après avoir pris la pose. Bah ouais après tout, c'est humain de transpirer... T'en sais quelque chose, hein. Le bout de sourire tout à l'heure est oublié d'ailleurs, même si tu ne sembles pas le plus fermé du monde pour autant. Faut laisser un champ possible à l'autre. Puis surtout, faut se débarrasser d'un max. Tu peux tout à fait inclure des trucs dont tu veux plus dans tes "entrepôts" en bonus. Tu lorgnes sur la demoiselle pour le moment, pour étudier les expressions de son visage en même temps.
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*44 000€ environ.
Autre précision:
 

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MessageSujet: Re: Toc toc, c'est l'plombier.   Dim 19 Mar - 22:06


HRP:
 

Les informations se rajoutaient dans sa tête en listes organisées ; en cela elle était bien plus forte qu’un humain, et elle ne perdait pas à avoir été mise au courant sur le tard. Aux éléments que l’autre lui énonçait, elle ajoutait décalage négatif sur la quantité de marchandises vendues et sur la quantité réellement livrée qu’ils avaient remarqué sur les dernières semaines. Le calcul fut vite fait alors qu’elle importait rapidement les derniers prix et tendances sur les pièces pour affiner son savoir. Elle esquissa un sourire alors qu’elle regardait les pièces, qui était en rapport avec la conclusion de son rapport : un prix raisonnable, mais à la hausse si on considérait les approximations sur le stock qui pouvaient être faites par-ci par-là.
Ceci dit, si ce n’était que pour faire la calculatrice, on n’aurait pas envoyé Celeste, ni-même un négociateur. Alors cette dernière se tourna vers quelques manutentionnaires qui rondaient autour et leur fit un geste pour qu’ils approchent.

_ Vous avez un peu de temps ? » Dit-elle à l’intention de Splinter.

En vérité, elle n’attend pas pour demander à l’équipe qui s’avance pour ouvrir le contenu d’un conteneur au hasard, quoique pas tant que ça puisqu’il s’agit de l’un de ceux difficile d’accès.  De ceux qu’on peut n’ouvrir qu’une fois le vendeur parti avec ses petits billets. Celeste voulait s’assurer que cette vente non prévue se déroule sans pépins. A vrai dire, le rat des égouts pouvait être quasiment sûr que sa cargaison soit prise : elle n’avait pas été ramenée à l’intérieur pour rien. Le tout était de savoir à quel prix.
Puisque l’autre s’appuyait sur un bout de contener, elle fit de même croisant les bras en attendant que cela se fasse. A côté, les hommes ouvraient l’immense boîte et vérifiaient la qualité du contenu dans le détail, et relevaient la quantité ressortant.

_ Il est étonnant que vous débarquiez comme ça, sans trop prévenir. En général les plannings sont plutôt bien rangés, un dépôt toutes les deux ou trois semaines, il me semble … qu’est ce que vous amène à venir plus tôt ? » Demanda-t-elle sur un ton de conversation. « Il a de quoi construire du droïde, bien sûr, mais c’est un petit chargement comparé à d’habitude …

Celeste n’était pas pressée de négocier. Au contraire, il était plutôt dans son intérêt que son interlocuteur lui parle, qu’ils laissent un peu de côté l’histoire de la transaction. Peut être baisserait-il de lui-même son prix en voyant qu’elle n’y revenait pas, ou pas fou, il laisserait les choses faire. Splinter avait beau être « le roi des égoûts », cela n’en faisait pas de lui un négociateur né. De même qu’elle-même, bien sûr.
Alors qu’elle regardait les uns et les autres s’activer, elle songeait aux tonnes de déchets qui étaient balancés quotidiennement par la société de consommation qui ne connait ni de jours ni de nuits. Elle avait eu vaguement eu vent d’un besoin en silicium à l’état brut à la Neo’s Sphere. Il était impossible que les égouts ne récupèrent pas également ce genre de trucs, mais c’était un  besoin sans précédents. Les pièces détachées des Neos ça, ils en récupéraient tous les jours du dessus de la pile, et en ça, l’arrivage de Splinter n’était pas fantastique.

_Vous n’avez pas quelques petits trucs à rajouter qui trainent ? » Rajouta-t-elle comme de rien.

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